Surf Park dernier épisode : où l’on apprend que Nouvelle Vague n’est pas qu’un sympathique groupe de bossa et où la SAFER rentre dans le game : utilisera t-elle son super pouvoir de préemption ? respectera-t-elle sa mission d’intérêt public ? Et autres infos réjouissantes sur l’expansion ordinaire du béton et de l’agriculture industrielle dans le Pays de Retz…

Nous avons appris à la dernière minute que les terres agricoles convoitées pour le Surf Park allaient être vendues à la société Nouvelle Vague. Les porteurs de projet ne manquent pas de ruse puisqu’ils avaient laissé entendre qu’ils étaient déjà propriétaires des terres, étouffant une éventuelle mobilisation contre la vente qui aurait pu être préparée à l’avance et mobiliser largement. Néanmoins, La SAFER étant tenue de communiquer aux syndicats les intentions de vente de foncier agricole au cas où une préemption serait envisagée, nous avons pu lancer un appel à candidat-e-s paysan-ne-s pour s’opposer à cette vente annoncée entre 10 000 et 40 000 euros l’hectare (au lieu des 1500 euros l’hectare en moyenne dans le Pays de Retz pour du foncier agricole).

Grâce à votre mobilisation nous avons pu mobiliser in extremis 10 petits paysan-ne-s bio déjà installé.e.s dans le Pays de Retz ou en recherche de terres agricoles ! Avec l’aide de la confédération paysanne 44, nous avons donc rédigé une lettre d’intention à la Safer regroupant les 10 candidat.e.s.

Voici le déroulé attendu sur les prochaines semaines :

Le comité technique SAFER va étudier notre lettre d’intention et considérer si les candidatures méritent une enquête complémentaire avant d’engager une préemption (son droit légal d’acquérir un bien par priorité). Si certaines intentions sont retenues, des frais de dossiers devront être engagés pour étudier le dossier de portage de projet agricole. (Un appel à dons va d’ailleurs être lancé prochainement avec le soutien de l’association Pays de Retz Environnement qui portera la cagnotte pour soutenir les porteurs de projet dans les frais de dossier).

Voilà un dossier bien facile pour la SAFER, l’occasion d’accomplir d’un seul coup tous les objectifs de sa mission d’intérêt public : Lutter contre la spéculation foncière, faciliter l’installation de jeunes et protéger les paysages.

Malheureusement, la SAFER est régulièrement montrée du doigt pour ses dérives et compte tenu de son passif dans la région il est permis de douter sur sa capacité à remplir sa mission

Pour l’heure la SAFER n’a fait que satisfaire l’appétit grandissant des agri-industriels et investisseurs de tout poil qui achètent de grands ensembles de terres agricoles sans rencontrer la moindre résistance..

Mais nous vous invitons à maintenir la pression en interpellant directement la Safer sur leurs comptes facebook (@safer pays de loire) et par mail safer44@safermao.fr . La mobilisation de tous les citoyen.nes est indispensable pour contrer ces politiques qui hypothèquent notre avenir à tous.tes alors partagez en masse ces informations d’intérêt public ! Il est temps que les habitant.e.s des territoires soient entendu.e.s et que la protection des écosystèmes deviennent la priorité numéro un !

Faites des vagues 🙂


Le collectif Terres Communes

Vous en voulez encore ? Plus d’infos sur la situation autour des terres du projet de Surf Park

La modification du PLUI votée en Décembre dernier, malgré notre opposition, modifiait le zonage en passant les terres du projet de « zone agricole pérenne » à « zone de loisir ». Bravo d’ailleurs pour le tour de force, qui se répand dans nombre de communes, de protéger les terres en les classant « pérennes » pour ensuite les déclasser quand cela leur chante !

Mais cette modification du PLUI n’a toujours pas été validée par la préfecture, les terres sont donc encore classées en zone agricole pérenne. Ça tombe bien, le département se mobilise contre l’artificialisation des terres 🙂

Double discours quand tu nous tiens..

« Tout le monde semble dire stop mais le coup d’arrêt n’est pas réellement porté » Ah oui tiens c’est drôle on se demande vraiment ce qui manque, une réelle volonté politique peut-être ? Pour mémoire le positionnement favorable du département sur le surf park

La vente des terres à la société privée portant le projet de Surf Park se fait donc dans un cadre de transaction agricole, pourquoi ne pas attendre le reclassement des terres en loisir ? Un meilleur prix pour le promoteur puisque le prix proposé, bien que très au dessus du prix agricole, reste également très en dessous du prix du constructible… Une belle affaire pour la société Nouvelle vague mais pas pour celle du vivant et de la paysannerie !

Le fermier exploitant les terres du projet aurait pu faire valoir son droit de préemption pour l’achat des terres et bloquer le projet en s’opposant à la négociation à l’amiable puis aux expropriations (si le changement de zonage était validé par la préfecture). Le fermier s’est retiré de son droit de préemption (le document de notification de vente de la SAFER n’aurait pas existé sinon) et a donc accepté les terres agricoles qu’on lui a proposé en compensation dans Saint Père en Retz. Nous déplorons vivement son choix mais que dire des manœuvres de la commune et des porteurs de projet qui ont tout fait pour amadouer l’exploitant et les propriétaires…


La SAFER Pays de la Loire n’est pas en reste puisque suite à la fuite de l’avis de notification SAFER de vente des terres du Surf Park, elle a menacé la confédération paysanne 44 de ne plus leur transmettre les avis de vente des terres agricoles dans le 44..

Censée assurer la transparence du marché foncier, elle verrouille en réalité le marché du foncier et n’hésite pas à faire du chantage aux syndicats minoritaires (la FNSEA contrôle toutes les SAFER en France) ! Dans nombre de départements, seule la FNSEA a ainsi accès à ces notifications de vente, permettant au syndicat majoritaire de favoriser ses adhérent-e-s pour l’agrandissement de leurs exploitations et à la SAFER de se faire son business en toute opacité ! Et que font les commissaires du gouvernement qui valident toutes les décisions des SAFER ? Silence total…


Nous avons également appris que l’ensemble des syndicats agricoles ont fait preuve d’une rare unanimité pour s’opposer au projet de Surf Park lors d’une réunion de la commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF). Mais qui a appuyé le dossier du dossier de Surf Park au nom des élus du Pays de Retz lors la réunion ? Et bien Bernard Morilleau ! Maire de Sainte-Pazanne, Président du SCOT/PETR du Pays de Retz et farouche partisan de l’implantation d’un grand E.lelclerc et d’une immense zone pavillonnaire sur des 36 hectares de terres agricoles sur sa commune, cet élu a apparemment oublié son ancien métier de paysan et son activité syndicale à la confédération paysanne durant de nombreuses années…

Nous lui disons bravo pour son intégrité et sa fibre paysanne intacte !

Le samedi 18 Mai à Sainte-Pazanne, nous montrerons à Bernard Morilleau et consorts que nous ne voulons plus de leur monde mortifère !

Pendant ce temps dans le reste du Pays de Retz..

Nous avons appris que l’agri-industriel d’Eure et Loire qui souhaitait s’accaparer 600 ha de terres agricoles dans le Pays de Retz n’a pas lâché le morceau ! Cf notre dossier sur la SAFER qui relate les faits et notre mobilisation.

Bien que 3 fermes sur les 4 lui aient finalement échappé (il s’est retiré car les cédants en demandaient plus, suite à l’accord de la SAFER), il serait en cours de rachat d’une autre ferme sur la plaine sur mer et nous avons su par des petits locataires du secteur qu’il achetait petit à petit nombre de petits terrains au détriment de l’installation de jeunes paysan-ne-s ! Quand nous savons qu’à la Plaine sur Mer, quasiment tous les paysans en activité vont bientôt partir à la retraite, nous imaginons que l’appétit de l’agri d’Eure et Loire ne va pas s’arrêter là et qu’il parviendra tranquillement à atteindre son objectif de 600 ha !

Aux habitant-e-s de La Plaine sur Mer et des environs si vous nous lisez, résistez à cela si vous voulez voir le bocage, les champs fleuris, votre santé et celle de vos enfants être préservé, ainsi que la vie sociale du territoire !

Les 3 fermes de Pornic qui ont échappé à l’appétit l’agri d’Eure et Loire ont été également remis en vente il y a peu. La SAFER s’est chargé de notifier cette vente, mais à qui iront ces fermes, à d’autres agri-industriels ? Au vu du prix demandé par les cédants et du cautionnement de la SAFER, le bocage de Pornic risque d’être bien saccagé… Habitant-e-s de Pornic, exigez également de votre commune qu’elle agisse !

A Munich, une forte volonté de la ville a permis d’obtenir sur des milliers d’hectares une agriculture biologique, les communes et villes du 44 relèveront-elles le défi lancé par Munich et par d’autres communes en France ?…

Nous avons également appris qu’à Saint-Colomban (près du lac de Grand Lieu), 170 hectares allaient être rachetés par une grosse entreprise agricole maraîchère en AB industriel, cela au détriment de l’installation de petit-e-s maraîchères et au prix de 10 000 euros l’ha et plus ! Aucun jeune agriculteur ne peut se positionner à ce prix là sur les terres (encore une fois que fera la SAFER ?…) ! Saviez-vous également que le maraîchage bio industriel nécessite des désherbeurs thermiques consommant 150000 litres de fioul par an et par machine et détruisant la vie du sol, que du sable est rajouté chaque année ce qui fait que nous sommes quasiment en hors-sol, sans parler des gros besoins en irrigation ?!

Dans le sud du pays de retz, nous voyons chaque année des prairies permanentes et du bocage saccagé pour l’installation de maraîchers industriels en AB ou chimiques (avec le concours de Nantes Métropole qui bétonne ses dernières terres maraîchères malgré son beau discours de « capitale verte » ! pour info retrouvez la lutte du Jardin des Ronces)

Et comme la confédération paysanne nous le confirme, au vu des bâtons dans les roues pour les installations atypiques ou petites installations paysannes, des prix du foncier, de l’appétit des investisseurs et gros agriculteurs (favorisé par les primes au terres : PAC) et du départ massif à la retraite des agriculteurs, nos campagnes risquent bien de devenir des déserts d’ici peu ! Déserts de vie sociale, écologique et alimentaire…

Nous ne pouvons être sur chaque dossier, habitant-e-s du Pays de Retz et d’ailleurs, mobilisez-vous en collectif/asso dans chaque commune (par exemple exiger que la commune préempte des terres pour installer des petits projets !). Nous pourrons alors relayer et soutenir vos mobilisations !

Dans chaque commune le béton détruit chaque année pour des millénaires la terre arable et vivante, dans chaque commune le bocage continue de disparaître ou d’être dégradé, dans chaque commune les prairies permanentes fleuries disparaissent petit à petit au profit de cultures céréalières ou fourragères à grand coup de pesticides, les zones humides également au profit du maïs et du béton, etc… Il est temps de nous lever collectivement pour notre avenir ! On compte sur vous !

Un article important à lire ! Dans les 3 ans à venir, le tiers des agriculteurs part à la retraite (ils ne sont déjà actuellement que 448 000) et le nombre d’installations ne cesse de baisser! Si nous voulons protéger au plus vite les paysages, la nature, les sols, le climat, notre santé, nous devrons dans chaque territoire nous battre contre l’avancée de l’agro-industrie et pour favoriser la petite paysannerie !

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