Le Manifeste

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1. Constats

 

Depuis plusieurs années, le développement des AMAPs et autres circuits de vente directe soutenant l’agriculture paysanne fait grand bruit. On pourrait croire que les pratiques agricoles évoluent vers du mieux et que consommer mieux est la clé du changement. 
Pourtant les campagnes se meurent  : 
    
Les volontés politiques soutiennent l’installation d’exploitations monstres, industrielles, non-respectueuses de l’environnement. Les terres qui se libèrent s’accumulent entre les mains d’investisseurs fortunés,de consortiums industriels ou s’ajoutent à la collection déjà bien fournie de gros agriculteurs ultra-mécanisés et peu soucieux du respect du vivant. Tout cela avec le blanc seing des structures agricoles censées faciliter l’installation des porteurs de petits projets. 
Cette pression foncière fait exploser le prix des terres qui devient un capital financier comme les autres. 
On parle aujourd’hui en France de diagonale du vide. La terre ne nourrit plus les personnes qui y habitaient depuis des générations et les pousse à un nouvel exode rural vers des métropoles toujours plus attractives et bétonneuses.
Seule 1 installation se fait pour trois départs à la retraite dans un contexte où 50 % des agriculteurs partiront à la retraite dans les 10 ans à venir. Ainsi selon la cour des comptes, en 2012, sur 88 000 hectares rétrocédés, seulement 2761 hectares concernent la première installation de jeunes agriculteurs.
En 2030, en France il y aura 20 % d’installations bio sur le territoire. On pourrait croire que c’est un progrès mais de quelle bio s’agira-t-il. Et pendant ce temps, cela veut donc dire que 75 % des terres cultivables continueront de subir les conséquences des pratiques criminelles.
Les mesurettes ne suffiront jamais face à la destruction des écosystèmes et l’extinction massive de la biodiversité. Une mobilisation générale est nécessaire et urgente. 

 

2 – Actions

 

Nous nous devons d’amorcer une dynamique inverse à ces logiques de destruction pour une campagne vivante solidaire sociale et soutenable.  Consommer responsable ne suffit plus, il est urgent d’agir !
Il est nécéssaire d’agir et de s’organiser une campagne solidaire, sociale, à l’économie décentralisée et autonome pour que nous puissions  voir émerger un monde radicalement différent : égalitaire, solidaire et profondément respectueux de l’environnement qui nous permet d’exister.
Le collectif Terre Commune vise à défendre les terres, la biodiversité et la petite paysannerie en :
  1. Soutenant les projets d’autonomie paysanne, artisanale ou tout autre mode de vie qui souhaite s’inscrire dans un mouvement de respect du vivant et d’autrui.
  1. Organisant des actions contre l’urbanisation des terres et leur concentration aux mains de quelque gros agriculteurs.
  1. Se mettant en réseau, s’entraider et développer des outils communs de veille sur la transmission des terres.
  1. Informant sur les enjeux de l’accès aux terres et étendre le réseau de Terres Communes
Nous invitons chacun-e à rejoindre le collectif pour que cesse le pillage et la destruction des sols, ainsi que l’avancée inexorable de l’agriculture industrielle et de son monde !